Ma Vie avec Liberace (Behind the Candelabra)
Plate-forme : DVD
Date de sortie : 21 Janvier 2014
Résumé | Test Complet
Editeur :
Développeur :
Genre :
film
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


7/10

Réalisé par Steven Soderbergh.

À la fin des années 1970, au sommet de sa carrière, l'exhubérant mais virtuose pianiste de music-hall Liberace entame une liaison tumultueuse avec Scott Thorson, un homme sensiblement plus jeune que lui. Pendant presque cinq années, leur liaison passionnée, illicite et destructrice restera secrète

De la dernière volée de projets entamés par Soderbergh (suivant une énième annonce de retraite cinématographique, après « Contagion », « Haywire », « Magic Mike » et « Side Effects »), Ma Vie avec Liberace est assurément le plus inattendu (vertu soderberghienne), le moins mécanique, le plus réjouissant, le plus drôle et le plus « mis en scène ». Là où Contagion et Side Effects pêchaient par excès d'appartenance à leur genre (survival et sexy thriller), forgeant une programmatique qui semble mal dissimuler l'ennui du metteur en scène, cette « Vie avec Liberace » retrouve un peu de la fougue sardonique mordante des tentatives les plus audacieuses de l'auteur (à défaut d'être les plus réussies) : « Sex Lies and Videotapes », « Full Frontal », « Girlfriend Experience », s'appuyant sur deux personnages solidement bâtis et en vérifiant à chaque scène l'emprise et l'influence que l'un peut avoir sur l'autre, là où les précédents sacrifiaient tout au mouvement aveugle pour l'action qui ne menait nulle part. Le film est d'autant plus émouvant qu'il s'augmente d'une métaphore limpide du cancer de Michaël Douglas. L'opulence kitsch des décors, peu flattée par les filtres jaunâtres du toujours aussi tendancieux Peter Andrews, ne dissimule pas que cette façon de se murer dans le brillant tient dans une étrange précipitation de Liberace et son amant de transformer leur vie en un Musée Grévin (à peine) vivant.

La poudre aux yeux n'est pas l'ornement décoratif, mais le cœur même de l'approche soderberghienne. Il faut voir Matt Damon, au milieu de son marathon de chirurgie esthétique, se contemplant dans la glace, ne ressemblant qu'à un Val Kilmer flasque, fasciné par le figé de ses traits. L'argent et le luxe sont ici clairement donnés comme des forces vampiriques rendant exsangues ou nunuches ceux qui s'en grisent. Mais même lorsqu'il veut se faire vaguement biographique, « Behind the Candelabra » reste du côté de la blague, d'un petit théâtre paresseux, qui débouche à coup sûr sur un filet de tendresse. Quand madame Liberace gagne une somme astronomique à la machine à sous du palais de Liberace, rien ne tombe comme argent par la fente de la machine, et le plus comique n'est pas ce détail mais que son fils n'entende rien, tant la maison est immense. Un humour de conséquence et pas de causes. Et il est sain de voir que le réalisateur de Ocean's Eleven se demande encore ce qu'est l'entertainment, comment le fournir aux gens sans les flatter pour autant, comment les réjouir en utilisant les plus vieux codes, comment éviter de glisser dans un ronron de réalisateur technicien tout en cédant à quelques facilités scénaristiques. Cela aide à faire digérer l'avalanche de clichés dévalorisants et caricaturaux sur la vie du couple gay entretenus par le film, entre autres les descentes incognitos dans les clubs louches de la ville, leur infidélité et instabilité foncière, la relation fusionnelle à la mère, le mauvais goût de l'apparat et du toc, etc.

VERDICT

-

Malgré quelques longueurs dans la dernière moitié du film, l'histoire du pianiste Liberace est passionnante et racontée avec beaucoup de tendresse. La réalisation est de bonne facture mais ce sont les deux comédiens principaux qui illuminent le film de leur prestation. Intéressant presque tout le temps, il manque cependant au film une audace qui aurait dû le rendre flamboyant et inoubliable. On passe malgré tout un très bon moment.

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