Blake et Mortimer tome 22 : L'Onde Septimus
Plate-forme : Bande Dessinée
Date de sortie : 22 Novembre 2013
Résumé | Test Complet | Images | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
Bande dessinée
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


8/10

Scénario : Jean Dufaux
Dessins : Antoine Aubin et Etienne Shréder
Couleurs : Laurence Croix

Mortimer ne parvient pas à percer le mystère de l'onde Mega et le fonctionnement du Télécéphaloscope de Septimus lui échappe. Qu'est-ce qui peut bien provoquer toutes ces interférences ? Cela pourrait-il avoir un lien avec cet inconnu en chapeau melon qui arpente les rues de Londres en demandant après Guinea Pig ? Jean Dufaux et Antoine Aubin, aidés d'Étienne Schréder, revisitent La Marque Jaune. Ils prolongent le mythe et signent le grand retour d'Olrik sur les quais de la Tamise.

Les avis sont plutôt partagés sur ce dernier album de Blake et Mortimer. Les uns pensent que c'est le meilleur album depuis longtemps, les autres que c'est au détriment de l'esprit d'E.P. Jacobs. En gros, les deux camps ont raison. Jean Dufaux a écrit un album très fascinant, totalement différent des précédents. Comme Dufaux l'a lui-même admis, il a la même méthode que Christopher Nolan avec ses films Dark Knight. Il a conservé tous les éléments de base de la série, mais pour le reste, il a fabriqué son propre pot selon sa propre recette typique. Ce Blake et Mortimer est beaucoup plus sombre et plus mature que ses prédécesseurs. Tout d'abord, Mortimer est un scientifique obsédé et Olrik s'avère ne pas être si mauvais. Dufaux peint une image beaucoup plus nuancée des personnages principaux que Jean Van Hamme ou Yves Sente. Nous préférons ne rien trop révéler de l'histoire, parce que dans ce cas, nous pensons qu'il est préférable d'en savoir le moins possible à l'avance. Stylistiquement, c'est un mélange d'éléments psychologiques et surnaturels, combiné avec une bonne dose de surréalisme. L'univers créé par Dufaux ressemble parfois plus à Jacques Tardi qu'à Jacobs. C'est un univers alternatif étrange et plutôt dérangeant dans lequel Dufaux a situé son histoire. Ce mauvais présage imprègne à peu près tout ce qu'il y a dans l'album. Du début étrange à la fin totalement atypique qui fait que chaque non-puriste attend avec impatience le prochain album de Dufaux. Mais c'est précisément cet univers qui le rend si fascinant. Ce n'est plus seulement une aventure de Blake et Mortimer, leur monde est plein de vie et peuplé de personnages étranges et miraculeux que nous aimerions mieux connaître.

Enfin, il faut féliciter Dufaux pour son talent à mettre en place un one-shot qui se lit vraiment comme un one-shot.... bien qu'il aimerait voir sa contribution à la série comme une trilogie. Les histoires achevées dans des séries de longue haleine ont souvent l'impression d'être pressées et raffinées. Pas celle-ci. L'histoire progresse exactement au bon rythme et on prend plus de temps qu'il n'en faut pour élaborer les personnages et expliquer l'intrigue d'une manière compréhensible. En fait, depuis La Marque Jaune, nous ne pouvons plus nous souvenir d'une histoire aussi réussie dans la série. Le dessin est très louable. Antoine Aubin et Étienne Schréder optent pour un style classique, fidèle à Jacobs. Mais ça marche très bien. Les créatures et les objets merveilleux contre ces arrière-plans si familiers et dessinés dans ce style si familier nous donnent un effet très apaisant mais en même temps aliénant. Exactement ce que Dufaux voulait créer avec son histoire. Quoi que vous pensiez de l’album plutôt original de Dufaux, vous devriez au moins lui féliciter d’avoir eu le courage de changer radicalement la série par rapport à ses prédécesseurs qui ont suivi la ligne servile de Jacobs. En conséquence, la série devenait assez poussiéreuse à notre avis. Nous pouvons donc grandement apprécier le travail de Dufaux. Nous espérons donc qu'il aura l'occasion de compléter sa trilogie. Parce qu'avec un tel "premier album", le priver de cette chance serait presque un crime. Un grand compliment à lui et à son excellent album avec lequel il nous montre tout le potentiel de la série et des personnages.

VERDICT

-

Quoi que vous pensiez de l'album plutôt original de Dufaux, vous devriez au moins lui rendre hommage pour le fait qu'il a eu le courage d'aller dans une direction complètement différente avec la série que ses prédécesseurs qui ont suivi une ligne plutôt servile. En conséquence, si la série devenait plutôt poussiéreuse, nous apprécions beaucoup ce travail de Dufaux. Nous espérons qu'il aura l'occasion de terminer sa trilogie, parce qu'avec un tel "premier album", ce serait presque un crime de lui refuser cette chance.

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