Là où vont les fourmis
Plate-forme : Bande Dessinée
Date de sortie : 14 Septembre 2016
Résumé | Test Complet | Images | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
Bande dessinée
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


8/10

Scénario : Frank Le Gall
Dessin : Michel Plessix
Couleurs : Sebastien G. Orsini

Il était une fois un jeune garçon prénommé Saïd qui n’avait que pour unique et seule passion d’observer les fourmis. Au lieu d’aller à l’école, comme tous les enfants de son âge, Saïd remontait le cortège de ses insectes rampants en se demandant où elles pouvaient bien se rendre ainsi à la queue-leu-leu. Patiemment, petit à petit, chaque jour, il les suivait jusqu’à la fontaine du village, ultime rempart avant les portes du désert. Lorsqu’un beau jour, les yeux rivés au sol en train d’observer la marche des fourmis, il se cogna à un homme ressemblant à un djinn barbu et sourcils broussailleux, babouches aux pieds, à la mine un rien patibulaire. Sans demander son reste, ce dernier lui ordonna de le suivre en silence (car Saïd était encore plus assommant qu’une chèvre, ce qui n’est pas le plus simple à imaginer) jusqu’aux confins des palmiers et des rochers, plus loin que là où vont les fourmis,  plus loin que là où ses pieds ont l’habitude d’aller.

Il y a des bandes dessinées où le mot conte prend tout son sens, où lire une telle splendeur vous invite à la philosophie et la poilade de la vie. « Là où vont les fourmis » est une magnifique histoire qui pourrait être destinée, si on ne s’y attardait pas, aux enfants. Et pourtant, elle ne s’est jamais autant adressée à nous adultes. Il y a toute la tendresse, l’innocence,  la curiosité, les rêves, les rires et surtout la philosophie, l’esprit des lumières et de la vie, la quête, l’initiation, l’aventure, la magie et surtout la poésie.  On entre dans ce conte par la porte d’histoires sans suite logique où les écrits et univers sont dépourvus de sens. Puis petit à petit, on part à la découverte de Saïd et de son monde, le monde des fourmis, le monde d’une chèvre dotée de la parole, d’un cousin pas futé pour deux roupies roi de la mobylette, d’un gérant de cirque voleur enturbanné aux pouvoirs magiques, d’un désert magnifié,  d’une lampe d’Aladin qui n’émet aucun vœu, une Shéhérazade modèle petit format dont on tombe amoureux(se) et d’un homme-sage-pirate-étoile gardien de phare, de nuits philosophiques étoilées allongé sur le seul arbre parasol en forme de champignon hallucinogène.  On découvre page après page toute la beauté et le découpage du graphisme de Michel Plessix, le crayonné subtil, la mise en page. La palette des couleurs, comme celle en noirs et blancs, est extraordinaire de réaliste et de précision. On est envoutée non seulement par l’histoire qui nous mène tout droit aux mille et une nuits version Le Gall mais aussi par la délicatesse du crayon de Plessix. C’est un vrai chef d’œuvre où le regard se pose sur chaque case et chaque mot à la recherche du moindre détail, de la moindre fourmi, fil narratif de ce conte. Il y a la poésie du langage, la philosophie orientale, l’humour simple et farceur.

VERDICT

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Une douceur orientale qui nous fait dire qu’il est bon de rêver, de poursuivre notre quête et de chercher à vouloir savoir là où vont les fourmis.  

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