Planeta Extra
Plate-forme : Bande Dessinée
Date de sortie : 05 Février 2020
Résumé | Test Complet | Images | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
Bande dessinée
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


8/10

Scénario : Diego Agrimbau
Dessin :  Gabriel Ippóliti

Planeta Extra" de Diego Agrimbau et Gabriel Ippóliti est le titre de l'ouvrage avec lequel, en 2009, ces deux auteurs argentins ont été proclamés vainqueurs du premier concours de bande dessinée organisé par la maison d'édition Planeta DeAgostini. Situé dans une ville argentine, probablement Buenos Aires, là même où Agrimbau a localisé les raids répressifs de Zabaletta, son homme mort, l'album est une symbiose réussie entre la fantasy de Ray Bradbury et Philip K. Dick, filtré par le scénario d'Agrimbau, saupoudré de quelques touches "noires" et mis en images par le crayon d'Ippóliti. L'argument est séduisant mais pas nouveau : la population de la Terre veut aller sur une autre planète,sur Luna Europa, une des lunes de la planète Jupiter, une destination qui promet d'être définitive, facile, une véritable terre de promesses. Mais tous les Terriens ne peuvent pas y aller. Le voyage en navette spatiale dure deux ans, coûte de l'argent et les seules personnes qui peuvent se le permettre sont celles qui ont un certain pouvoir d'achat (le procureur Narciso Lanus Iturralde, par exemple, l'un des personnages de la bande dessinée). Il y a des émeutes, des tumultes, des manifestations pour obtenir un billet pour l'un des vols. Le protagoniste est Kiké Tetamanti, un transporteur spécialisé dans le déplacement des familles vers l'aéroport cosmopolite, d'où partent les vaisseaux. Tetamanti n'a aucun intérêt à quitter la Terre. Cependant, le retour de sa fille Brenda avec son fiancé, le surprenant et corrompu Pilo, typique de tout roman noir (ou bande dessinée), va changer l'ordre des choses. Un commerce louche et clandestin promu par Pilo, qui fait passer de vrais animaux en fraude sur Luna Europa, va déclencher les événements qui font bouger le récit. L'intrigue de "Planet Extra" n'est pas nouvelle en soi, comme nous l'avons sus-mentionné. Dans les "Chroniques martiennes" (1946), le roman préclassique du célèbre Bradbury, nous trouvons déjà quelque chose de similaire. La présence de P.K. Dick est également évidente. Outre l'existence de véhicules anti-gravité, qui circulent dans l'air, on le retrouve sous d'autres aspects, par exemple dans le métier de Brenda, cyber-vétérinaire d'animaux artificiels, un des thèmes que l'écrivain américain a traité dans son célèbre ouvrage "Les androïdes rêvent?ils de moutons électriques ?", un autre classique, plus connu sous le nom de "Blade Runner". Il n'est donc peut-être pas trop audacieux de dire que, bien que "Planet Extra" s'adresse à tout type de public - le lecteur s'habitue rapidement à l'atmosphère créée par Agrimbau et Ippóliti -, ceux qui prendront le plus de plaisir à le lire sont peut-être les fans de science-fiction.

Graphiquement, "Planeta Extra" est une œuvre soigneusement élaborée. Les images de Buenos Aires, vue du ciel, dans l'atmosphère éthérée à travers laquelle circulent les véhicules, sont la première chose qui attire notre attention en tant que lecteurs. Si dans tout roman, la première phrase ou la première page sont absolument indispensables pour captiver le lecteur, on peut dire la même chose de la première vignette dessinée par  Ippóliti. L'image singulière, mais magnifique, d'un camion de déménagement, ancré en l'air, face à la fenêtre d'un des derniers étages d'une propriété d'où s'effectue le déménagement, résume parfaitement le contenu de l'album. A cela, il faut ajouter tout ce qui viendra plus tard : des fonctionnaires corrompus, des maîtres chanteurs avec un débardeur, le réseau de trafiquants, les agissements louches (et intolérables) d'un millionnaire, les poursuites policières, les interrogatoires avec un pacte, les quilombos illégaux. Ippóliti a conçu une imagerie très vivante, supérieure à celle de ses derniers travaux communs avec Agrimbau ("La bulle de Bertold"). Les traits sont beaucoup plus concrets, mieux délimités, tout comme les reliefs, généreusement définis par des tons sombres qui donnent aux personnages le volume précis. Ippóliti gère bien tous les environnements, très différents d'ailleurs, des quais du port aux toits des bâtiments, en passant par les scènes d'intérieur et certains bureaux avec un certain luxe. Dans les véhicules de police et les nus, vous pouvez voir certains traits de Bilal sans atteindre la dureté chromatique que l'artiste de Belgrade atteint parfois. Ippóliti introduit également dans ses dessins un indéniable air de caricature dans les visages qui lui donne sa propre empreinte.

VERDICT

-

Planeta Extra est une magnifique première œuvre pour le concours de bande dessinée Planeta DeAgostini, auquel ont participé 170 auteurs. Un ouvrage unitaire qui mérite d'être découvert.

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