Détox tome 2
Plate-forme : Bande Dessinée
Date de sortie : 30 Septembre 2020
Résumé | Test Complet | Images | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
Bande dessinée
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


8/10

Scénario : Jim
Dessin : Antonin Gallo

Une introspection magnifiquement dessinée. Dans ce récit contemporain, Jim condense une époque aux repères fluctuants qui pourraient se résumer à cette célèbre maxime : « quand le sage montre la Lune, l’imbécile regarde le doigt ». Il pointe comment individuellement nous sommes devenus nos pires ennemis, refusant de voir ce qui ne tourne pas rond en nous-mêmes. Quitte à accentuer les douleurs en s'emprisonnant dans une boucle mentale empoisonnante la rendant certes plus sourde, mais permanente. Pourtant cette perspective quasi doloriste relève de l’erreur de perception. La douleur psychique fonctionne différemment de la douleur physique, dans la mesure où elle peut cesser plus vite qu’elle n’est apparue. Pour la faire disparaître, il faut l'affronter l’effrontée. Sinon avec le temps elle finit par s’installer, croître, se développer, jusqu’à se métastaser physiquement. Encore faut-il parvenir à l’identifier. A l’exception des sectes, tous ces stages éthérés de guérisseurs en tout genre à vocation ésotérico-progressistes, auxquels le héros de l'album se raccroche et se confronte, n’ont d’autre but que de faire tomber les défenses conscientes de l’esprit pour que celui-ci entre en résonance avec ses refoulements, ses traumatismes, son inconscient. Cette fameuse zone poubelle du cerveau où tout ce qui a pu nous déranger finit par disparaître... mais pas tout à fait. Un disque dur. Il faut donc traiter et recycler ces déchets (les traumas) qui remontent avant qu'ils ne nous polluent. La fameuse acceptation de soi. Une fois cette étape cruciale achevée, la vie qui en découle, même inchangée dans son rythme effréné, n’a plus la même saveur. C’est donc avec le prétexte d’une dépendance au téléphone portable qui n’est pas un souci en soi pour le héros (l’arbre qui cache la forêt) qu’il doit apprendre à s’accepter, à vivre avec lui-même. Une opération déjà compliquée à l’échelle individuelle. Alors, quand elle doit s’appliquer à une famille (dysfonctionnelle), à une entreprise avide ou à un pays déphasé…

Avec Détox, Jim met de côté ses histoires typiques de crise de la quarantaine pour un moment. Ce n'est pas le processus de vieillissement ou les relations de couple qui sont maintenant le thème central, mais la lutte intérieure de l'un d'entre eux eux. C'est la vraie vie de devenir fou ? Pour faire valoir son point de vue, Jim se sert d'un responsable d'entreprise très caricaturé. Les personnages des deux côtés sont juste trop clichés pour être vraiment crédibles, mais l'astuce de Jim fonctionne. Quand les extrêmes entrent en contact les uns avec les autres, l'humour est à portée de main. Détox est devenu une bande dessinée très drôle. L'estime de soi, le pathos, l'humilité,..... toute la gamme des sentiments que l'on peut associer aux grands leaders - qu'ils soient machiavéliques ou adeptes du yoga - remonte à la surface. Heureusement, Jim parvient à envelopper cette caricature dans des dialogues incroyables et crédibles. Il peut le dire si joliment. Détox est un diptyque et doit également être lu comme tel. Jim excelle à nouveau dans les dessins. Il joue avec les expressions subtiles du visage et honore le petit geste. Pour les décors et les coloris, il est soutenu par l'artiste espagnol Antonin Gallo. Gallo offre une coloration constante et complète, pleine d'ocre, de brun et de nuances de gris. Cela donne à la bande dessinée une sensation un peu terreuse et chaleureuse.

VERDICT

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Un grand thème, des dialogues saisissants, un dessinateur subtil et une coloration réussi ... Suffisamment d’ingrédients pour livrer un album qui ne nous a pas lâchés depuis un moment. Détox est une belle bande dessinée qui nous présente un miroir de la vie moderne.

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