Urbex tome 1 : Villa Pandora
Plate-forme : Bande Dessinée
Date de sortie : 26 Août 2021
Résumé | Test Complet | Images | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
Bande dessinée
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


8/10

Scénario : Vincent Dugommier
Dessin : Clarke
Couleurs : Mikl

Résumé : Si les murs des vieux bâtiments pouvaient parler, que raconteraient-ils...? Depuis qu'Alex et Julie ont franchi la porte de la Villa Pandora, ils ont la réponse ! À présent, à chacune de leurs explorations urbaines, les deux adolescents sont assaillis par des visions de vies d'inconnus. Autant de fragments qu'ils vont devoir recoller, au risque de voir leur identité vaciller à mesure qu'ils tentent de comprendre les étranges pouvoirs dont les a investis la mystérieuse bâtisse.

Nouvelle série étrange et intéressante. Vincent Dugommier a souvent besoin d’un tour de chauffe dans ses premiers tomes, d'un rodage. La narration y est parfois plus bancale, car il doit mettre en place un univers cohérent complet. Voici un projet très ambitieux d'une série qui s’adresse à des (pré-)adolescents avec une construction décalée (fantastique, science-fiction, etc.) pour finalement les confronter à une autre forme de terreur, beaucoup plus concrète celle-là : eux-mêmes. Les deux jeunes héros, Julie et Alex, au travers de leurs aventures nocturnes, parviennent à aider des entités (humaines ou ectoplasmiques) en découvrant leur propre potentiel (par l'acceptation). Accoucher les "esprits" engendre alors une forme de renaissance et d’apaisement. Dans leurs explorations de lieux interdits au public à la nuit tombée, ils se révèlent ainsi à eux-mêmes. Alex, nul en gymnastique à l’école, possède la nuit l’agilité d’un yamakasi dès qu’il explore des bâtiments abandonnés. L’obscurité devient le révélateur d’un inconscient qu’il doit dompter (comprendre) pour progresser. Les deux enfants sont issus de familles complètement différentes, mais tout autant dysfonctionnelles. L’une bloquée dans une espèce de passé policé et mythifié, l’autre dans une auto-culpabilisation permanente, incompréhensible pour Julie. Chacune à sa façon, se situe hors du temps, de son époque. Vincent Dugommier explore de cette manière le poids de la transmission transgénérationnelle, un passé qui n’appartient pas aux personnages, mais rejailli sur des victimes familiales du présent malgré elles (vies paralysées, figées, mornes). Clarke simplifie son dessin pour ne conserver que le strict nécessaire. Il évite les fioritures, qu’il compense par des couleurs et des atmosphères où la pesanteur ambiante se ressent.

VERDICT

-

Quand la BD divertissante introduit les plus jeunes à la psychanalyse. Dugommier et Clarke viennent de marquer un essai avec Urbex. Pourvu qu’ils le transforment !

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