Scénario : Raule
Dessin : Fran Carmona
Couleurs : Werner Sanchez
Sœur Justine n'est pas une religieuse comme les autres, elle est également exorciste conne sous le nom de Soeur Calvaire, accompagnée de sa chienne Natas. Alors qu'elle est appelée pour une mission, cette dernière rencontre sur place Souleymane Saba, un exorciste lui aussi (mais musulman) et la collaboration promet d'être compliqué. Ce nouveau duo va combattre un démon monstrueux d'une drôle de façon : Justine a-t-elle des pouvoirs qui pourraient entraîner la destruction du monde ?
Nous suivons une jeune exorciste dans son travail de botteuse de cul démoniaque. Sur le papier, le projet est plaisant, promettant délire et divertissement. Les toutes premières pages confirment le sentiment avec en plus de l'humour. Que demander de plus ? Cette BD se dévore d'une seule traite et très rapidement, et est accompagnée d'illustrations super sympas et jolies, sans oublier une légère touche d'humour appréciable. Malheureusement, tout va un peu trop vite, et oublie, au passage, de bien présenter son univers. Il est indiqué qu'il s'agit d'une histoire complète, néanmoins il semble que nous sommes ici davantage sur une introduction qui mène à de nouvelles aventures pour notre duo d'exorcistes. D'ailleurs, aucune des intrigues n'est résolue, tandis que la conclusion ouverte est, nous semble-t-il, précipitée. Renforçant le sentiment d'avoir lu une longue introduction... Un peu comme si Tolkien avait écrit « fin » quand les quatre Hobbits quittent la Comté au début du Seigneur des Anneaux. Côté dessin, le trait pop et coloré fait de lourds clins d'œil au manga avec un aspect parfois extrêmement déformé (SD) des personnages. Très plaisant. A ce propos, nous avons souri en voyant Sœur Calvaire 24 avec des Doc Martens rappelant l'illustre Sœur Marie-Thérèse des Batignolles. Globalement, il y a de bonnes idées de mise en scène. Comme par exemple les deux premières planches au découpage classique, donnant un aspect répétitif, que la page suivante s'empresse de casser visuellement. Aussi, on ne s'attendait pas à autant « d'imaginaire » digne d'un manga shonen, même si on comprend l'intérêt, après tout ce n'est pas un film de possession et l'ensemble reste accessible à un large public - à condition de ne pas être, entre guillemets, gêné par le côté religieux. Les couleurs sont dans la parfaite continuité du dessin.
VERDICT
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Bref, un premier tome globalement divertissant qui se lit bien, au schéma narratif classique et rapide. Un joli plaisir ... s'il débouche sur une série. Là c'est un peu frustrant de s'arrêter là.