![]() Plate-forme : Bande Dessinée Date de sortie : 09 Octobre 2025 Editeur : Développeur : Genre : Bande dessinée Multijoueur : Non Jouable via Internet : Non Test par Nic0078/10 Scénario et dessin : Tohru Kuramori Centuria est un manga toujours en cours de parution au Japon et qui a connu six tomes à ce jour aux éditions Shueisha. Un esclave ne possède rien. Un esclave ne vaut rien. Passager clandestin sur un navire en quête de liberté, Julian voyage en compagnie d'une centaine de prisonniers prêts à tout pour l'aider. Lorsque le navire atteint une étendue de mer maudite, l'enfer se déchaîne et changera sa vie à jamais. Lorsqu'un ordre brutal mène au massacre des esclaves, Julian conclut un pacte avec une entité marine qui lui accorde le pouvoir de cent âmes brisées. Commence alors un voyage de vengeance et de rédemption pour lui, accompagné de Diana, la fille nouveau-née de Mira. Un manga de Tohru Kuramori, élève de Tatsuki Fujimoto (Chainsaw Man). Dans ce deuxième volume de Centuria, après avoir hérité d’un pouvoir surnaturel donné par le sang de cent esclaves sacrifiés, Julian commence à expérimenter le poids réel de ce don dans un monde aussi brutal que corrompu. Julian, qui vivait jusque-là dans la fuite, s’essaie à la stabilité, il travaille comme bûcheron dans le village qui l’a accueilli, mais cette trêve relative ne dure pas : son ami José est enlevé lors d’une expédition de chasse dans la forêt, et dans sa quête pour le retrouver, Julian est confronté à une créature monstrueuse qui l’oblige à libérer une part plus sombre de ses capacités. C’est dans ce contexte que le récit montre que le pouvoir des cents ne se contrôle pas aussi simplement, et qu’il attire les dangers tout autant qu’il apporte la force. La question principale est celle du prix de la liberté et du pouvoir. Julian a obtenu une force presque divine, mais celle-ci vient avec une dette sacrée : celle des cent esclaves qui ont donné leur vie, et dont les voix s’imposent à lui, métaphoriquement et littéralement. La liberté qu’il cherche n’est pas gratuite, et la notion de doit-on payer ce qu’on désire le plus, même si le monde alentour ne cesse de punir ceux qui osent lever la tête. Le thème de la protection : protéger José, protéger Diana, se mêle à celui du danger latent : Julian attire sur lui des monstres, des êtres fantastiques, mais aussi l’attention de ceux qui voudraient contrôler ou éliminer ce qu’il est devenu. On perçoit aussi la tension entre humanité et bestialité : ce que signifie rester humain quand on possède une puissance issue d’un sacrifice collectif. Narrativement, Kuramori affine son monde et ses enjeux. Le village, les personnages secondaires, les mystères autour de la forêt ou des créatures, tout cela est développé ici de façon plus tangible. On sent que le monde ne se limite pas au voyage ou à la fuite : il y a des lieux de repos, des obligations, des liens, et des responsabilités. Le monstre dans la forêt agit comme déclencheur : Julian n’est plus seulement en mode survie, il doit agir en tant que celui qui possède le pouvoir des cent, faire des choix. Le récit balance habilement entre temps de calme, la vie au village, les interactions, les doutes, et moments de tension où le surnaturel rompt l’illusion de sécurité. Le rythme est plus maîtrisé, les chapitres alternent introspection et action, ce qui permet une immersion forte dans les tourments de Julian. En bref, ce volume confirme le potentiel de la série : il apporte une profondeur dramatique qui rend le récit non seulement captivant mais aussi troublant. VERDICT-Centuria est une dark fantasy qui engage le lecteur à ressentir, à réfléchir sur ce qu’implique la liberté, ce que coûte un pouvoir imposé, ce que signifie porter des voix mortes en soi. |