Mutant Football League 2 est le successeur spirituel du classique culte des années 90 sur Sega Genesis, Mutant League Football.
Dans Mutant Football League 2, on découvre une version déjantée du football américain où la vie et les membres sont sacrifiés pour la victoire comme pour la défaite. Avec ce genre d'interprétations, les développeurs cherchent à peaufiner un concept existant, et il existe bien sûr de nombreuses façons d'y parvenir. A première vue, le jeu suit assez fidèlement de nombreux aspects de son modèle réel. Les exceptions sont une série d'éléments beaucoup plus colorés qui auraient sans doute davantage leur place sur un champ de bataille médiéval que dans un sport réel. Heureusement, il ne s'agit pas de la réalité ici, ce qui ouvre la voie à des expérimentations passionnantes. Mutant Football League 2 se révèle un peu déroutant au premier abord, le tutoriel manquant de cohérence. On y découvre les différentes étapes du déroulement d'une émission de football américain, mais il est difficile de relier les éléments entre eux pour avoir une vision d'ensemble. Après quelques tâtonnements et quelques matchs contre l'ordinateur, on commence à mieux comprendre et à se lancer dans les modes de jeu « réels ». Il y en a plusieurs, et même si certains se ressemblent, quelques éléments les distinguent. Par exemple, on retrouve des modes classiques comme le match rapide, qui permet de disputer facilement des parties à deux. Si vous préférez une configuration plus structurée et détaillée, plusieurs modes tournoi sont disponibles, offrant des approches variées. Aucun ne se distingue par sa profondeur, mais le mode Dynastie Suprême, où vous créez votre propre équipe, la coachez et définissez les règles de la compétition, se démarque légèrement.Ce qui distingue ce jeu, c'est la combinaison de jeu de balle et de coups bas. Ces derniers s'expriment principalement par l'utilisation d'armes et de « coups bas », mais aussi par des éléments du terrain comme des mines antipersonnel, des lames de scie rotatives et autres pièges.
À l'instar du football américain, le but est de progresser pas à pas dans le camp adverse pour finalement atteindre la zone d'en-but, ballon en main. Que votre équipe attaque ou défende, vous avez le choix entre de nombreuses formations. La difficulté réside dans la capacité à deviner la stratégie de votre adversaire. La plupart de vos joueurs se déplacent automatiquement selon la formation choisie, mais vous pouvez passer de l'un à l'autre pour un contrôle plus précis. Malgré tout, le jeu est assez décousu et il est difficile de trouver son rythme. L'excitation ne se manifeste pas vraiment pendant les phases compétitives ; le divertissement repose donc principalement sur les coups bas et les pièges dont nous avons parlé. Peu importe que ce soient nos joueurs ou ceux de l'adversaire qui en fassent les frais, le plaisir réside dans le chaos qui s'ensuit. Au bout d'un moment, on s'en lasse un peu et nous aimerions que l'expérience soit un peu plus consistante. Un effort supplémentaire sur le design aurait sans doute grandement amélioré le jeu. Malgré le mot « mutant » dans le titre, le choix de personnages originaux est étonnamment restreint. Humains, squelettes, androïdes et trolls peuvent être un peu variés grâce à des moustaches et des perruques, mais où sont donc passés les vrais méchants ? Il existe pourtant de nombreuses façons de concevoir des mutants, mais sans tentacules, cornes ni griffes, il faut contenter de personnages ressemblant à Shrek ou aux extraterrestres de « Invasion Los Angeles ». C'est une occasion manquée, malheureusement peu compensée par les superbes cartes de personnage à collectionner. Bien sur, le jeu n'a pas été localisé en français, mais c'est aussi le genre qui veut ça (même Madden n'est pas traduit).

VERDICT
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Au final, Mutant Football League 2 est un jeu tout à fait correct, mais il ne parvient pas à me captiver au point de vouloir y jouer longtemps. Il présente toutefois quelques atouts. Avec un mode multijoueur local jusqu'à quatre joueurs, il a le potentiel d'être un jeu convivial, et c'est loin d'être négligeable.