![]() Plate-forme : Bande Dessinée Date de sortie : 04 Décembre 2025 Editeur : Développeur : Genre : Bande dessinée Multijoueur : Non Jouable via Internet : Non Test par Nic0078/10 Scénario et dessin : Uhei Aoki Dans la peau de Miwa (Miwa-san Narisumasu) est une série toujours en cours de parution au Japon et qui a connu quinze tomes à ce jour aux éditions Shogakukan. Miwa Kubota est une fan de cinéma de 29 ans qui vient de se faire virer de son emploi sans avenir. Elle a vu que son acteur préféré, le célèbre Takahashi Yakai, cherchait une femme de ménage. Même si elle n'est absolument pas qualifiée, elle y va quand même. Lorsqu'elle voit la nouvelle recrue avoir un accident devant sa porte, Miwa intervient pour devenir la « fausse » femme de ménage de son idole. Miwa se fait passer pour la gouvernante de l'acteur Takahashi Yatsumi depuis trois mois. Prise dans un tourbillon d'émotions complexes, entre la culpabilité de perpétuer ce mensonge, une étrange loyauté envers Miu Sakura et l'admiration qu'elle porte à Takashi, le cœur de Miwa commence à vaciller. Au même moment, la populaire actrice Rin Igarashi se rapproche soudainement de Takashi ! De plus, Miwa rencontre Rin par hasard sur le plateau de tournage et finit par la revoir pendant son jour de congé… ! Dans ce septième volume, l’imposture de Miwa atteint un point critique et le poids de la duplicité commence à peser : Miwa est de plus en plus tiraillée entre culpabilité, peur et le désir de durer dans ce rôle qui lui promet une forme de renaissance. C’est lorsqu’elle surprend l’actrice Rin Igarashi en train d’enlacer Yatsumi que tout bascule, prise de panique, Miwa fuit, submergée par le désespoir. Pourtant, elle recroise bientôt Rin, qui lui donne rendez-vous un jour de congé, semant le trouble : est-ce le début d’un aveu, d’une menace, ou d’un piège lié à sa subterfuge ? La tension monte, les doutes s’accumulent, et Miwa doit décider si elle continue le mensonge ou affronte les conséquences, tandis que sa propre identité vacille dans l’ombre de celle qu’elle a usurpée. Graphiquement, Aoki maintient un style sobre et réaliste, empreint de nuance : les traits restent précis, les expressions fines, qu’il s’agisse de la détresse intérieure de Miwa, de sa confusion, de sa peur, sont saisissantes. Le travail sur les regards, les ombres, les silences visuels rend palpable cette atmosphère d’angoisse morale, d’identité usurpée et d’insécurité. L’ombre d’un passé qui rattrape la protagoniste se ressent dans les cadrages, dans les décors minimalistes, souvent vides, comme pour souligner le vide intérieur de Miwa. Le contraste entre l’apparente normalité du quotidien, maison, service, ménage, et la violence psychologique du mensonge est accentué par cette esthétique épurée, ce qui renforce l’effet de malaise. Sur le plan psychologique, le tome 7 creuse profondément le dilemme intérieur de Miwa : d’un côté, l’opportunité d’une vie différente, d’une proximité avec son idole, d’un refuge émotionnel ; de l’autre, la culpabilité grandissante, la peur d’être découverte, le poids des rêves volés, et la conscience que chaque sourire, chaque confiance accordée, repose sur une tromperie. Miwa n’est plus simplement une fan passionnée : elle est devenue actrice d’un rôle dangereux, jouant avec l’identité d’une autre. Cette schizophrénie morale, entre désir, honte, espoir et désespoir, traverse chaque page du tome et rend le personnage à la fois attachant et profondément tragique. L’apparition de Rin, et la promesse d’un rendez-vous, ajoutent un enjeu nouveau : la peur d’être démasquée, la crainte d’un rejet brutal, et le sentiment d’urgence, Miwa ne peut plus reculer sans risquer de tout perdre. L’intérêt de ce tome réside précisément dans cette montée du malaise, dans ce passage de l’imposture « supportable » à l’imposture « intenable ». Jusqu’ici, la série jouait souvent sur les faux départs, les quiproquos, les hésitations ; ce volume franchit un cap : il transforme le mensonge en véritable tragédie intime, où le cœur bat, la culpabilité ronge, et l’angoisse menace à chaque coin. C’est un tournant narratif qui rend aléatoire l’avenir de Miwa : la question n’est plus seulement « jusqu’où ira-t-elle ? » mais « jusqu’où pourra-t-elle continuer sans se détruire ? ». Cette fois, le récit abandonne provisoirement les faux-semblants et les hésitations pour plonger dans la douleur, l’identité fracturée, le risque, un pari audacieux et réussi. Le dessin sobre et l’atmosphère lourde suffisent à rendre l’histoire crédible, bouleversante, et presque opaque dans son malaise. Pour le lecteur, c’est un choc moral, une montée d’empathie vertigineuse, et la promesse que rien ne sera plus comme avant. VERDICT-C'était intéressant, avec un développement palpitant et différent de l'imitation. C'est incroyable comme le tome reste captivant même sans l'acteur (seulement des flashbacks). Un tome crucial et dérangeant, dans une série qui n’a pas peur de creuser l’ombre sous le vernis. |